Faire campagne ou s’abonner : la question de la rémunération des blogueurs

Nous sommes en 2017.
Vivre de la publicité sur son blog est devenu au choix :

  • une hérésie commerciale (à part quelques personnalités, personne ne peut se lancer dans cette aventure de nos jours)
  • un choix éthique contestable parce que la publicité, c’est l’un des avilissements de l’être humain (rien que ça)

Mais alors, comment gagner des brouzoufs en écrivant autrement qu’en créant de la merde ?

La publicité, c’est mal, c’est prendre les gens pour, au mieux, des pigeons, au pire des imbéciles sans cervelle :

“Hey, mate ce super produit, TU DOIS L’ACHETER !”.

Certaines personnes arrivent à monétiser leur blog, mais il s’agit en général de vieux blogueurs ou de blogs sans gros travail, comprendre bien putaclics pour vous presser le citron (oui, un message sublime-minable se cache dans cette phrase).

De toute façon, vu la prédominance des bloqueurs de publicité, c’est un combat perdu d’avance pour cette dernière et par ricochet c’est la mort à plus ou moins long terme des modèles financiers basés dessus.
Enterrement sans fleurs ni couronnes, les sites qui en vivent méritent juste de disparaître s’ils ne sont pas capables de changer de business model.
A l’opposé, tout internaute surfant SANS bloqueur de publicité mérite son avilissement  😡 !

Personnellement, j’ai dissimulé des liens publicitaires dans quelques billets, je prends ça comme une petite contrepartie en échange d’aide que j’ai pu fournir avec un travail de recherche derrière, c’est aussi une expérience que je trouve intéressante pour moi du point de vue pédagogique et vu ce que j’ai récolté (moins de 5$), ça ne titille pas trop ma conscience.

Du coup, suite à une réflexion dont je n’ai pas vraiment compris le but chez Cyrille Borne, je me suis posé la question : comment peut-on, en 2017, espérer gagner des sous avec un blog ou toute production créative sur Internet ne dépendant pas de YouTube (ou équivalent) ?

Certains sites passent sur un modèle d’abonnement, c’est valable pour les gros sites avec beaucoup de contenus attractifs.
Ainsi NextINpact semble s’en sortir sur ce modèle car en échange d’un abonnement, le lecteur a accès à des articles tout frais, qui passeront en gratuit plus tard.
Pour Gamekult, autre poids lourd en ce qui concerne la presse jeux vidéo, l’abonnement premium donne accès à des articles et des enquêtes TRÈS étoffés qui me font baver à chaque fois, mais le contenu premium reste lui hors d’atteinte pour le visiteur moyen, quelque soit son ancienneté (au contenu premium, pas au lecteur, faut suivre).
Les journaux historiques, comme Le Monde, proposent aussi un abonnement, personnellement je n’y vois pas d’intérêt, surtout quand les subventions publiques coulent à flot pour du contenu politique partisan à la limite de la servilité.

Ce modèle paywall, c’est bien pour les gros, mon (sur)poids pourrait presqu’y prétendre (humour inside) mais ça reste limité pour les blogueurs occasionnels ou de renommée moindre.

Du coup, faut draguer le chaland, lui demander des sous plus ou moins directement et surtout proposer quelque chose en échange, tangible ou abstrait, au choix du demandeur.

Pour ça, deux méthodes :

  • poser un bouton PayPal (ou tout autre site de paiement en ligne) : si un visiteur veut donner, il n’a qu’à cliquer, il n’y a pas d’engagement, il y’a intérêt à être aimé par n’importe qui tout le temps.
  • se lancer dans un financement participatif : je trouve ça incertain, même avec un objectif bien tangible et je me vois mal créer une page Ulule ou Kickstarter pour me payer un Raspberry Pi 3 (j’aimerais monter un NAS familial), car en attendant, rien n’avance ?
  • proposer un engagement, une sorte d’abonnement où chacun peut, en échange de contrepartie éventuelle, soutenir ou tout au moins montrer un minimum d’intérêt : je connais plusieurs sites proposant ce genre d’échanges dont les célèbres Patreon (américain, très orienté business comme le montre la page d’accueil : créateurs, vends-toi), Liberapay et celui dont je vais vous parler Tipeee.

Liberapay ayant une orientation libre, que ça soit pour la collecte, le partage mais surtout orienté pour les créateurs de contenus libres, je ne me sentais pas visé par le projet.
Du coup, j’ai créé, plus pour le fun je l’avoue, une page Tipee.

C’est relativement simple, bien fait et ne demande pas 36 informations.
C’est français (pensez My Major Company pour comprendre qui est derrière), le site prend 8 % de commission (5% chez Patreon dixit Wikipédia, rien chez Liberapay qui vit de ses propres dons, ne rigolez pas) et les contreparties ne sont même pas demandées avec acharnement.

Bref, si vous voulez voir à quoi ça ressemble, il suffit de cliquer sur le bouton Tip en rouge dans la barre latérale (à côté du 0  😆 ), cela ressemble à une page de financement participatif, avec des onglets pour les actualités (faut aussi écrire là-bas  😯 ), vous avez la liste des donateurs (tipeurs, à ne pas confondre avec tipiak, la blague est gratuite) et les commentaires (qui a parlé d’éparpillement des commentaires entre les blogs ?).

Et que vais-je offrir comme contrepartie ?
Toujours dans l’optique de tester et parce que s’il y a une demande d’argent, je vois mal ce que je pourrais offrir de palpable en échange, je ne suis pas un cyber-marchand, j’ai décidé de créer deux contreparties :

  • 1 € donnera droit à un remerciement personnalisé par e-mail (si j’ai accès à l’e-mail, ce que je ne sais pas)
  • 5 € donneront droit à l’accès en avant-première à chaque billet qui passera en mode public seulement 2 jours plus tard (sûrement une impression PDF de l’aperçu)

A noter qu’en plus des contreparties, il est possible de fixer un objectif avec un montant mensuel, j’ai mis en exemple le coût de mon hébergement mensuel chez AlwaysData (affiliation inside).

Côté visiteur, il faut par contre, et c’est logique puisqu’il est question de payement récurrent, créer un compte et s’identifier.
Du coup, si vous voulez mettre en place un don unique et/ou occasionnel, direction PayPal, le grand méchant loup du Net.

Alors oui, la relative notoriété d’un blog peut lui permettre de glaner de quoi survivre en ce bas monde (récolter des sous quoi), mais le côté aléatoire pimente vraiment le jeu !

Pour finir, n’oubliez jamais un grand principe : le contenu de qualité, comprendre celui écrit avec amour (j’exagère, celui écrit sans se moquer de son potentiel lectorat) pour vous-même aura toujours plus de valeur pour le visiteur.
J’ai plus de respect pour un gars qui écrit sa mauvaise foi avec ses tripes (ou son âme) que pour un site qui propose du contenu traduit ou sans apport informatif.

Et en bonus : ma liste de lecture du jour.

4 réponses sur “Faire campagne ou s’abonner : la question de la rémunération des blogueurs”

    1. Ça a au moins le mérite de me faire sourire, ce qui n’est pas forcément la tendance actuelle.
      De plus, j’ai appris quelque chose (utilisation de Tipee, découverte de Liberapay, etc.) donc tout n’est pas perdu !

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