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À quand une option « No porno » par défaut chez les FAI ?

L’idée de censure anti-pornographie revient régulièrement sur le devant de la scène et ce n’est pas une idée qui me déplait particulièrement.

L’idée de censure anti-pornographie revient régulièrement sur le devant de la scène et ce n’est pas une idée qui me déplait particulièrement.

Ce billet m’a été inspiré d’une courte conversation avec « l’anti-angélique du Net », aussi appelé « le pragmatique de l’éducation ».

Soyons clair, je ne suis pas contre la pornographie, plutôt contre l’exploitation des femmes qui s’y exerce et je ne suis pas pour la censure, judiciaire ou autre, du Net en général.

Alors pourquoi une option censurant la pornographie ?
Parce que j’ai des enfants et comme évoqué juste avant, ce n’est PAS la représentation de la sexualité qu’il convient de leur faire découvrir.

Le sexe a beau être quelque chose de naturel, la pornographie en est la vitrine négative de par les clichés qu’elle transporte, contre les femmes, les minorités, etc.
Il existe bien une branche « féministe » de la pornographie, mais pas aussi accessible (c’est payant quand YouPorn est gratuit).

Et de nos jours, via leur hyperconnectivité, les enfants accèdent à la pornographie de façon « trop facile ».
Apprendre la sexualité à travers ce filtre n’est pas une bonne chose, à moins de vouloir les transformer en pervers compulsifs ou en objet de fantasmes sans lendemain selon le sexe/genre de l’enfant.

En fait, en tant que parent, j’ai plusieurs possibilité de gestion de cette perspective, vous savez quand il faut expliquer que la cigogne et le jardinage, c’est bidon !

Déjà, je peux en parler AVANT qu’ils ne tombent sur des questions de sexe.
Haha.
Laissez tomber, rien qu’en regardant la télévision en même temps que moi au moment des repas, les enfants sont exposés à la nudité complète toute la journée ou presque.

Je peux contrôler les accès aux écrans.
Mon fils a un ordinateur, donc une possibilité d’aller sur Internet. À la maison. Ailleurs qu’à la maison.
Idem pour un smartphone (pas de 4G, le WiFi suffit).
Il peut accéder à Internet via le matériel de ses camarades.
Etc.

Vous ne pouvez pas limiter ou contrôler l’accès à la pornographie tout le temps, toujours, à moins de supprimer carrément l’accès à Internet.
Libre à vous d’appliquer cette option ceci dit.

Dans les limitations, j’utilise personnellement la technique du DNS menteur pour la pornographie, en changeant le serveur DNS par défaut des connexions par ceux fournis par exemple par OpenDNS, appelés « Family shield« .
Au passage, je rappelle que j’ai essayé d’écrire un tutoriel simple pour changer ses serveurs DNS 😉 !
Problème : il faut que ces DNS soient spécifiés sur chacun des connexion de chacun des appareils utilisés. Lourd !
Le changement peut avoir lieu directement dans la box Internet mais suivant le fournisseur (coucou Orange), c’est parfois impossible.
Et il faut quand même changer ces serveurs DNS sur chacun des box utilisées.

Alors quelle serait ma solution idéale ?

Un blocage par défaut, au niveau des DNS des fournisseurs d’accès à Internet, avec la possibilité, dans la box, de supprimer cette limitation en fonction de l’adresse MAC de l’appareil qui se connecte.

Pour les connections sans box (4G par exemple), il s’agirait d’une simple option dans le compte utilisateur à changer.

Il reste toujours la possibilité de changer de serveurs DNS soi-même de toute façon.
Personnellement, j’utilise les DNS de Quad9, aussi bien en serveurs DNS pour parer aux domaines malveillants qu’en DNS-over-HTTPS (pour geeks).

Quant aux personnes qui se disent légitimement convaincues qu’il ne faut pas censurer et que ce n’est pas le rôle des intermédiaires techniques, sachez que j’envie votre vision en mode « Bisounours » et que j’espère que vous regardez bien BFM TV et consorts car bien sûr, ils sont aussi neutres que doit l’être votre FAI.

Je vous renvoie d’ailleurs à l’excellent documentaire d’Ovidie sur les adolescents et leur approche de la sexualité à travers l’accès à la pornographie, visible entièrement et gratuitement sur YouTube :

Par Parigot-Manchot

Blogueur + Bibliothécaire + Parigot + Manchot = choisissez... ou mélangez !

4 réponses sur « À quand une option « No porno » par défaut chez les FAI ? »

Ce n’est en effet pas un sujet nouveau, je préfère l’aborder du point de vue de « qui accède » à la pornographie, que je ne souhaite absolument pas interdire d’accès, tant que c’est un accès « consenti » et « averti ».
Regarder des films violents ne fait pas devenir violent lorsque l’on est adolescent.
Regarder des films pornographiques lorsque l’on est adolescent est par contre un bon encouragement à ignorer l’aspect consenti de la sexualité.

Merci pour ces réflexions.

Regarder des films violents […]
Regarder des films pornographiques […]

Je ne suis pas sûr qu’on puisse dissocier/opposer ces deux « activités » ; j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de violence dans la pornographie et que la violence est de plus en plus sexualisée ; un petit bémol pour ce dernier cas, vu la domination culturelle états-unienne et leur haine (?), par exemple, du mamelon… féminin.

Enfin, plus généralement, être favorable à la censure n’est pas, à mon avis, une bonne chose ; une fois qu’un outil est mis en place, on peut ajouter des cibles, en changer… ; c’est ainsi que les outils contre le terrorisme sont utilisés contre des militants écolos.

Cela dit, je te rejoins sur l’essentiel : il faut pouvoir éviter que nos chères têtes blondes aient si facilement accès à des images qui véhiculent des idéologies dégradantes.

Au fait, un peu en retard, je te souhaite un merveilleux solstice 😉

Je ne suis pas d’accord dans le sens où ces deux « domaines » (violence et sexualité) sont deux des nombreux aspects de l’humain qui sont représentés de manière très différente.
Avant l’avènement de la religion catholique (XIIè siècle environ je crois), la sexualité était d’ailleurs un acte banal quotidien récréatif en plus de reproductif.
De nos jours, c’est la violence qui est « banale ».
Je suis autant gêné de la représentation quotidienne de la violence (fiction ou informations) que de la banalisation de la sexualité par la pornographie ou… la fiction et les informations.
Au passage, si je prône la censure anti-pornographie (et je parle d’accès rendu difficile, pas d’interdiction, est-ce de la censure ?), la même chose contre la violence ne me paraîtrait pas incongru.
J’avais également fait un tutoriel, que je vais remettre dans le billet, pour changer ses serveurs DNS, donc un contournement relativement simple de toute censure par ce biais.
Enfin, il est clair que rien ne vaut l’éducation parentale, mais comme aide, je trouve ça mieux comme technique que les idées gouvernementales foireuses comme l’identification à un tiers pour accéder à la pornographie ou la reconnaissance faciale à venir 😉

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