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Arriver après la bataille ou comment utiliser un Raspberry Pi 2

Grâce à Cyrille, j’ai fait l’acquisition peu chère d’un nano-ordinateur, un Raspberry Pi 2, avec tous les accessoires.
Mais pour quoi faire ?

Il y a un peu plus d’un an, j’ai quitté Free (ADSL) pour Orange (Fibre).
La grosse différence, en dehors de la vitesse, c’est que chez Orange, le décodeur TV (Livebox) ne sait pas faire grand chose à part afficher les chaînes, et encore, il faut se coltiner une interface minable.

Du coup, pour lire des films, comprendre des DivxHD ou des fichiers vidéo à encodage exotique, c’est devenu impossible.
Je vous passe les détails mais depuis l’arrivée la semaine dernière du Raspberry Pi 2, je revis 8) !

Pour ceux qui ne connaissent pas cet ordinateur de la taille d’une carte de crédit équipé d’un processeur de type ARM, cherchez sur votre moteur de recherche préféré 😉 mais sachez qu’à sa sortie, il a connu un engouement sans précédent et a dépassé les attentes de ses créateurs.

En gros, avec un coût plutôt minime, comptez 80 € avec tous les accessoires (boîtier, carte microSD, câble d’alimentation micro USB, câble HDMI, câble RJ45/ethernet ou adaptateur Wifi, etc.), on peut arriver à une installation très sympathique.

Comment ?
Hé bien les distributions Linux courantes tournent dessus !
Imaginez Ubuntu (ou ses dérivés, n’exagérons pas la puissance sur Raspberry Pi), Debian, bref des distributions bien connues qui peuvent ensuite faire tourner des logiciels simples.
On peut arriver à des ordinateurs pour la bureautique (je répète, l’ordinateur n’est pas très puissant) mais aussi à des petits serveurs qui tournent 24 heures sur 24 (la consommation du Raspberry Pi est anecdotique) voire… un mediacenter !

Le Raspberry Pi est sorti déjà depuis quelques années, et si au début c’était l’aventure et les découvertes, il est, de nos jours, relativement facile de cerner les possibilités de la machine.
Voilà ce qu’il est possible de tirer de la bête :

  • un mediacenter : OpenElec, OSMC (Debian+Kodi, anciennement Raspbmc)
  • un hébergement personnel de fichiers et sites Web : YunoHost
  • un serveur de téléchargement (seedbox) : Raspbian (dérivé de Debian) + logiciels adéquats (Transmission, SABnzd, etc.)
  • un ordinateur dédié au jeux vidéo anciens (retrogaming) : RecalBox, Lakka, Retropie

Si on voulait se simplifier la vie, il suffirait d’installer une distribution Raspbian, qui, en tant que Debian à la base peut ensuite accueillir les logiciels nécessaires à toutes les applications que je viens de lister.
Le rêve foufoufou : Raspbian + Retropie + logiciels de téléchargement + auto-hébergement (Apache/Nginx) + un bureau LXDE avec LibreOffice.
Sauf que,  j’ai l’impression de me répéter, la machine n’est pas très puissante.
Du coup, soit vous aimez les ordinateurs qui rament, soit vous dédiez le Raspberry Pi à une tâche qu’il fera bien.

C’est que j’ai choisi de faire en l’utilisant principalement pour en faire un mediacenter.

Un mediacenter, c’est une installation qui comprend donc une machine et un logiciel pour décoder… tout ce qui est multimédia et dans le cas le plus intéressant des fichiers vidéo, directement sur un écran.
Imaginez : vous brancher le support qui contient vos fichiers, vous allumez la machine et la télévision et hop on lance le fichier vidéo.
Avec une Freebox, c’est possible.
Avec un ordinateur aussi.
Avec une Livebox non.

Histoire de ne pas passer des jours à tout tester, j’ai été directement faire comme Cyrille et j’ai installé la distribution OpenElec : une distribution Linux qui lance directement Kodi, logiciel de mediacenter bien connu et éprouvé.
Contrairement à OSMC, OpenElec n’est pas dérivée de Debian donc vous n’avez pas le chargement au démarrage de tout un tas de services inutiles.
C’est léger, ça démarre, ça tourne.

Le site présente tout ce qu’il faut et même plus pour installer sur la carte microSD les fichiers, il suffit de suivre les instructions, de mettre cette carte dans le Raspberry Pi et ça tourne.

J’ai quand même quelques petits bémols.
Il faut prévoir un clavier USB à la première installation OBLIGATOIREMENT (je n’ai que celui sans fil de mon ordinateur, j’apprécie de fouiller derrière pour prendre le récepteur puis tout remettre).
Vu la faiblesse de la machine, vous publiez les disques durs USB externes auto-alimentés par port USB, le Raspberry Pi ne délivre pas assez d’électricité, je suis resté sur une clef USB, passant de 1 To à 64 Go pour le stockage, snif snif.
Les gros doigts sont déconseillés pour insérer la carte microSD, expérience inside avec le boîtier !
Le WAF est en pleine démonstration : madame n’apprécie que moyennement les câbles supplémentaires à côté de la télévision. Qui s’ajoutent à ceux de la PlayStation 4, de la Wii U, de la DreamCast, ceux débranchés de la Livebox, etc.

Mais ça marche 🙂 et si vous vous amusez avec les extensions de Kodi, vous pouvez même arriver à transformer votre mediacenter en lecteur de vidéo à la demande en streaming, si vous n’êtes pas très regardant sur la légalité de la chose (extensions LibreCiné et GenesisFR pour ne pas les citer, Google est ton ami), en cohabitation avec l’accès gratuit à des chaînes payantes…

Pour finir, je reviens sur le décodage de fichiers vidéo. J’ai testé quelques fichiers qui ne passaient pas sur la Livebox et c’est sans appel : tout passe.

Et le reste ?
J’ai installé, sur une autre microSD, Recalbox.
J’ai réussi à configurer ma manette Orange sans fil (une BigBen), en utilisant au départ une manette PS4 branchée en USB et reconnue d’office.

A noter qu’en général, en tout cas pour OpenElec et Recalbox, l’accès (S)FTP/SSH/Samba permet d’accéder à la carte microSD sans devoir tout éteindre/enlever.

Il n’y aura vraisemblablement pas d’autres installations, j’attends un switch HDMI et une alimentation microSD avec interrupteur venant à pied par la Chine pour rebrancher la Livebox (WAF sur télévision de rattrapage) et pouvoir éviter de débrancher/rebrancher l’alimentation micro USB qui est un peu dure à manier.

Le jour où YunoHost peut devenir multi-user, ça sera intéressant pour faire de l’auto-hébergement à petite échelle…

En attendant un Raspberry Pi 3 avec une puce dédiée USB et une autre pour le réseau… en 1 Gigabit ?

Par Parigot-Manchot

Blogueur + Bibliothécaire + Parigot + Manchot = choisissez... ou mélangez !

10 réponses sur « Arriver après la bataille ou comment utiliser un Raspberry Pi 2 »

Salute,

Vous me faites envie avec votre Raspberry mais ce qui me retient encore c’est justement « une puce dédiée USB et une autre pour le réseau… en 1 Gigabit ».

Tcho !

Le combo « petit prix » + « Livebox qui ne lit rien » m’a fait franchir le pas.
Après, un DivxHD EN 1080p depuis une clef USB passe, je n’ai pas testé le réseau.
Par contre transformer un Raspberry Pi en seedbox/NAS me semble difficile en terme de performance.

Plop, petit détail sur le décodage vidéo, la bête n’est pas assez musclé pour décoder du h265. Si vous opté pour une raspbian, il faudra augmenter la quantité de mémoire dédié au processeur graphique.

Pour ce qui est du réseaux, le taux de transfert atteint péniblement les 6Mo/s chez moi, ce qui est largement suffisant pour un média center, la lecture pouvant commencer avant que le fichier ne soit complètement transféré.

Rien à dire sur le côté technique… juste un petit pincement sur le passage
«si vous n’êtes pas très regardant sur la légalité de la chose […] en cohabitation avec l’accès gratuit à des chaînes payantes…»
Quand on déploie l’arsenal logiciel du parfait libriste du sol au plafond, on déploie également un « esprit », une « idée » qui à la base de la base exige le respect *absolue* des licences [libres] utilisées.
Ça me fait toujours un pincement quand on entrevoit/«entrelit» que … ben le respect des licences… des autres, ça peut être à géométrie variable 😉 Ce n’est pas cohérent.

Question technique :
grep bogo /proc/cpuinfo
ça donne quoi sur la bête ?
(et grep model ?)
Merci 😉

Je suppose que ton commentaire sur l’esprit « libre » et la cohabitation, toussa… c’est de manière générale ?
Parce que moi, je n’ai jamais dit ou écrit que j’étais libriste 🙂
J’utilise les logiciels Libres quand ils répondent à mon besoin.
En fait, de manière générale et par pragmatisme, j’utilise les logiciels et Internet (et ce qui s’y trouve) quand ça répond à mes besoins.
La question de la légalité, de l’esprit, etc. ça reste secondaire.
Après, pour ce cas particulier, je n’ai pas de besoin d’utiliser les plugins illégaux cités, juste une curiosité et un amusement.

J’essaye de te répondre pour les 2 commandes Linux quand je serai chez moi ET que le Raspberry Pi 2 sera allumé 😉
En espérant arriver à me dépatouiller en CLI :p

« Parce que moi, je n’ai jamais dit ou écrit que j’étais libriste 🙂 »

Ok, on s’y tromperait 🙂

La première commande c’est pour connaître un indice/index de puissance du CPU, la seconde pour déterminer le modèle de CPU et éventuellement appliquer un facteur correctif.
(je voudrais un ordre de grandeur pour comparer avec l(a même) utilisation d’un eeepc , ok prise hdmi en moins 🙁

Ouaip, on trouve des trucs (http://raspberrypi.stackexchange.com/questions/32463/raspberry-pi-2-low-bogomips-number) [j’avais vu]

Mais bon, un info de première main… J’ai fait tourner, un peu, un rpi mais pas version 2, je voudrais « visualiser » la différence de perf entre ces deux approches rpi/eeepc… ( kodi sera probablement le juge de paix 😉

(ah oui, et depuis longtemps, je « sais » bien que bogomips ne serait pas un indicateur crédible mais bon, un réflexe de vieux…)

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