Vous êtes convaincus ou tout simplement curieux ?
Vous vous dites que, d’après les rumeurs, Linux a l’air, au choix : cool, simple, beau, efficace, sérieux, stable, sécurisé et fait pour vous ?

Hé bien, testons !

J’ai expliqué dans mon précédent billet que Linux était un système d’exploitation disponible sous forme de « distribution ».
Je vais tâcher d’être un peu plus précis, tout en restant dans le compréhensible 😉

Linux est donc bien un OS mais composé comme ceci :

  • un noyau (kernel) qui gère le cœur du système avec des pilotes pour gérer les composants matériels et le système de fichiers
  • une couche « graphique » (X) qui sert de liaison entre le cœur du système et…
  • … l’environnement graphique qui est composé de fenêtres (Unity, GNOME Shell, KDE, Xfce, etc.) qui se greffe par-dessus.

La distribution, c’est l’enrobage autour, c’est-à-dire, en gros, l’ensemble de logiciels (indispensables ou non) qui permettent d’utiliser pleinement un ordinateur ainsi que les modifications éventuelles pour personnaliser certains aspects de l’OS comme un papier peint différent, des logiciels modifiés pour enlever des bugs, etc.

Voici une liste de distributions, vous en avez peut-être déjà entendu parlé :

  • Debian (très ancienne et appréciée)
  • Ubuntu (la plus populaire, dérivée de la précédente)
  • ArchLinux (appréciée par les bidouilleurs)
  • Fedora (moins connue du grand public mais très bien faite également)

Chacune est fournie donc avec des logiciels et un environnement de bureau différent mais est capable d’en accueillir d’autres car un environnement n’est, au final, qu’un logiciel comme un autre, équivalent à une suite bureautique par exemple.

En fait, il existe plein de distributions. Énormément. En théorie.
En pratique, seules quelques distributions tirent leur épingle du jeu, notamment en terme de notoriété et de communauté active.

Une communauté active ? Késaco ?
Simple : si vous décidez d’installer une distribution Linux, vous aurez peut-être besoin d’aide.
Les distributions étant majoritairement gratuites, l’aide et le support se fait le plus souvent en recherchant soit sur Google soit dans le forum communautaire lié à la distribution et animé par des bénévoles.
Hors, une distribution sans communauté active et pour laquelle vous n’obtiendrez pas d’aide est inintéressante, en tout cas dans l’optique de découvrir Linux.

Mais alors, me direz-vous, comment faire son choix ?
Hé bien, pour moi, c’est relativement simple et cela se passe en deux étapes.

La première étape consiste à regarder à quoi peut ressembler graphiquement le bureau (environnement graphique) sur lequel vous passerez votre temps.
En effet, quoi de plus désagréable qu’une mauvaise impression sous les yeux tout le temps ?

En terme d’environnement de bureau, plusieurs interfaces cohabitent.
Les deux principales s’appellent GNOME et KDE mais des dérivés existent et apportent plus qu’un simple changement cosmétique.

Au niveau des différences, vous pouvez remarquer le menu des applications et le thème (couleurs, courbes, position des boutons). Il est bien sûr possible de tout personnaliser, mais en général on peut se satisfaire dès la première impression.

Et pour la seconde étape, il faut tester !
Il est en effet possible de tester une distribution Linux directement sans l’installer, cela s’appelle « en live », avec un CD-ROM / DVD-ROM ou une clef USB.

D’abord, choisissez la distribution que vous voulez tester.
Pour un débutant, je recommande Ubuntu.
Il s’agit de la distribution à la fois la plus orientée « grand public » et celle avec la plus grande communauté d’utilisateurs, notamment francophone.
Ubuntu est fournie avec l’environnement de bureau Unity.
Si jamais, après le premier test, Unity vous rebute, il existe des distributions dérivées avec un autre environnement :

  • Kubuntu : basée sur KDE
  • Xubuntu : basée sur Xfce
  • Ubuntu Gnome Edition : basée sur GNOME

Ainsi que quelques autres avec des environnement de bureau moins grand public (Lubuntu/lxde par exemple).

Vous pouvez aussi tester la distribution Linux Mint, elle aussi orientée grand public. C’est un dérivé d’Ubuntu mais vous trouverez les environnements Mate ou Cinnamon intégrés directement selon la version.

Pour chaque distribution, vous trouverez sur le site un CD ou un DVD (ou même utiliser une clef USB) pour démarrer votre ordinateur et charger Linux.
Ensuite, vous pourrez tout utiliser directement (navigateur Internet, gestionnaire de fichiers, messagerie instantanée, lecteur multimédia), sachant que toute modification sera perdue au redémarrage mais qu’en contrepartie rien ne sera altéré si vous démarrez habituellement sur Windows.
Attention : le fait d’utiliser un CD/DVD ou une clef USB est plus lent que si le système est installé sur le disque dur 😉 (je recommande la clef USB : on ne perd pas beaucoup en vitesse de chargement et d’utilisation)…

Concrètement, je vais prendre l’exemple d’Ubuntu pour tester.
Voici en quelques étapes la méthode la plus rapide suivant le support que vous voulez utiliser.
Sous Windows, téléchargez Ubuntu directement sur le site officiel anglophone ou francophone (cliquez sur « Plus d’options » et décochez « LTS »), en choisissant de préférence la dernière version.
Vous allez télécharger un fichier ubuntu-xxxx.iso (à ce jour : ubuntu-14.10-desktop-amd64.iso).
Si vous voulez utiliser un CD/DVD, gravez l’image avec un programme comme IMGBurn.
Si vous voulez utiliser une clef USB (qui sera formatée), utilisez le logiciel LinuxLive USB Creator ou bien MultiSystem (plus complet / complexe), choisissez votre clef USB, sélectionnez l’image ISO téléchargée, choisissez de formater en FAT32 et on lance l’installation.

Une fois votre média prêt, redémarrez votre ordinateur en choisissant de démarrer sur ce support et vous voilà arrivé sous Linux.

A vous tester, tripatouiller, bref vous faire une idée.
Quand vous redémarrerez votre ordinateur la fois suivante, sans le support amovible, vous retournerez sous Windows.

Vous pouvez à loisir tester toutes les distributions que vous voulez mais faites attention avant de vous lancer définitivement : vérifiez qu’une documentation et une communauté sont bien présentes sur le Net et surtout que la distribution est toujours suivie !

Et après ?
Si l’aventure Linux vous attire toujours, vous pouvez installer une distribution en parallèle avec Windows (on parle de dual-boot) avant de faire le grand saut définitivement.
Cela nécessite par contre de faire un peu attention et d’avoir un accès à Internet disponible (même si ce n’est qu’avec la distribution que vous installez) car vous aurez quelques habitudes à prendre rapidement et sûrement des réglages à effectuer dès le départ, ne serait-ce que pour choisir le système au démarrage de l’ordinateur ou configurer certains matériels récalcitrants.
Si vous avez testé « en live » la distribution auparavant par contre, vous serez tout de suite plus à l’aide 😉 donc n’hésitez pas !

Pour les plus curieux, voici une liste de distributions que vous pouvez tester, même si vous ne plongez pas dedans ensuite :

  • Debian : la distribution la plus connue, qui a donné naissance à Ubuntu. Pas la plus grand public mais côté stabilité, on a rarement fait mieux, ce qui explique son utilisation pour les serveurs.
  • Linux Mint : une distribution dérivée d’Ubuntu. Moins stable mais peut se révéler plus facile d’utilisation notamment grâce à ses bureaux Mate ou Cinnamon.
  • HandyLinux : une distribution dérivée de Debian (+ Xfce) avec une grosse simplification d’utilisation (menu, options) pour les débutants. Très prometteuse et très active.
  • Manjaro : une distribution dérivée d’une autre base (ArchLinux) nécessitant plus de bidouilles et d’apprentissage que les autres mais qui au final se révèle tout autant utilisable.

Je rappelle que sur chacune de ses distributions, vous pourrez installer l’environnement de bureau qui vous plait même si je conseille de choisir une distribution intégrant directement l’environnement choisi, histoire de se simplifier la tâche.
Mais rien ne vous empêche d’installer une base Debian avec GNOME ou bien Manjaro avec KDE. Cela nécessitera par contre plus de recherches et de manipulations.

Pour information, j’utilise quotidiennement Ubuntu (avec Unity) sur un ordinateur portable et occasionnellement Ubuntu Gnome Edition sur mon ordinateur fixe.

Et je peux tout faire : navigation Internet, bureautique, jeux vidéo (merci Steam, GOG et Desura), etc.

Windows (7) ne me sert que pour les logiciels n’existant pas sous Linux (je pense à Captvty par exemple), mais c’est plus lent à démarrer, plus lourd à utiliser…

Publié par Gilles

Blogueur - Bibliothécaire - Parigot - Manchot : choisissez... ou mélangez !

5 réponses sur « Linux pour les nuls #2 : tester une distribution »

  1. Bonne petite explication, et surtout merci de remettre les choses a leur place :
    Debian = la plus stable
    Ubuntu = la plus accessible grand publique
    CentOS = ne pas en parler car c’est de la &#%€@

    1. D’après ce que j’ai compris, CentOS est une RedHat communautaire (comme Fedora) mais orientée « serveurs » donc pas vraiment grand public.
      Je sais qu’elle est quand même pas mal utilisée, par exemple Dell France l’utilise (image ISO avec outils personnalisés incorporés) pour réparer ses serveurs chez les clients (via des techniciens sous-traitants)…

      1. Non c’est une redhat… Et ouah quel galère comparait a une debian… Enfin en mode serveur je trouve ça bcp moins pratique que debian… Mais c’est sans doute qu’une question de goûts perso…

  2. Je confirme que Debian est une très bonne distribution qui permet comme tu le soulignes d’installer l’environnement de bureau que tu veux. Pour la Mangaro, je dirais que c’est peut-être un peu plus complexe à l’installation.
    A pluche.

    1. Je crois que toutes les distributions peuvent installer tous les environnements de bureau 🙂
      A part Unity qui, en dehors d’Ubuntu, relève du miracle à installer (d’ailleurs je ne crois pas qu’il existe beaucoup de portages sur d’autres distributions)…
      Après, vouloir à tout prix utiliser Unity SANS Ubuntu me paraît aussi étrange qu’utiliser Android sans les services Google 😉
      Manjaro, de part son origine ArchLinuxienne, est un poil plus complexe mais les outils graphiques (gestionnaire de paquets par exemple) sont là donc c’est utilisable.
      Mais on trouvera au final moins d’aide communautaire je pense que pour Debian et dérivées…

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